Vous aimez votre enfant plus que tout au monde — et pourtant, vous vous sentez parfois comme un étranger dans votre propre relation. Le désir a disparu, ou du moins il n'est plus ce qu'il était. Et c'est difficile d'en parler, parce qu'on a l'impression qu'on devrait être heureux. On est heureux. Et pourtant, quelque chose manque. Si cela vous semble familier, vous êtes loin d'être seul.
Que se passe-t-il vraiment dans le corps et l'esprit ?
La grossesse et l'accouchement transforment le corps de façons qui prennent du temps à comprendre — et encore plus de temps à accepter. Les hormones jouent un rôle déterminant. Chez les femmes qui allaitent, le taux d'œstrogènes est bas, et la prolactine — l'hormone qui stimule la production de lait — atténue souvent le désir sexuel. Ce n'est pas un dysfonctionnement. C'est la biologie. Le corps donne la priorité à l'enfant. Mais cela aide rarement de le savoir, quand on est allongé dans son lit en se sentant à des kilomètres de son partenaire.
Pour les hommes, c'est différent, mais pas nécessairement plus facile. Beaucoup d'hommes ont l'impression de devoir se retenir par égard pour leur partenaire — ou ne savent tout simplement pas ce qu'ils ont le droit de penser et de ressentir, maintenant que le rôle de mère est entré dans la relation. La psychologue et thérapeute de couple Sue Johnson, à l'origine de la théorie de l'attachement EFT (Emotionally Focused Therapy), souligne que les grandes transitions de vie comme la parentalité peuvent activer nos besoins d'attachement les plus profonds — et que nous réagissons souvent en nous repliant sur nous-mêmes ou en nous heurtant l'un à l'autre, plutôt qu'en nous rapprochant.
L'intimité, c'est bien plus que le sexe
Ce qui disparaît facilement dans le chaos du nourrisson, c'est la petite intimité — les brèves caresses, le regard qui s'attarde un peu plus longtemps que nécessaire, la conversation qui ne parle pas de sommeil, de nourriture ou de logistique. Le chercheur et auteur John Gottman a étudié les couples pendant des décennies et a découvert que ce ne sont pas les grands gestes romantiques qui maintiennent une relation en vie — ce sont les petits moments de contact et de reconnaissance. Les fameux « bids for connection ». Et on a rarement l'énergie pour cela quand on est épuisé et débordé.
Cela ne signifie pas que la relation est en danger. Cela signifie qu'elle a besoin d'attention. Il y a une différence entre perdre le désir temporairement — et perdre le lien l'un avec l'autre de façon permanente.
Que peut-on faire ?
Le premier pas est souvent le plus difficile : en parler sans en faire un problème à résoudre. Pas « nous n'avons pas fait l'amour depuis deux mois » comme une accusation — mais « tu me manques » comme une invitation. Nommer le manque plutôt que l'absence. Se rappeler mutuellement qu'on est encore un couple, pas seulement des parents.
Cela peut aussi aider de revoir ses attentes sur ce que l'intimité doit signifier. L'intimité, ce n'est pas seulement le sexe. C'est se tenir la main devant un film. C'est dire « je suis heureux que ce soit toi ». C'est demander « comment tu vas vraiment ? » et attendre la réponse.
Le désir revient rarement parce qu'on le force. Il revient quand le corps se repose et que le lien se reconstruit — au rythme qui est possible en ce moment.
Qu'est-ce qui vous manque le plus dans votre relation en ce moment — et l'avez-vous dit à votre partenaire ?
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